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L'orgue

Depuis la réintroduction du chœur dans les églises anglicanes, après 1839, la musique et le chant durant la messe prennent de l’importance, d’où la nécessité de rapprocher l’orgue du chœur puisque les chantres ou choristes y sont installés.
Historiquement, on faisait référence à la position de l’orgue surmontant le chancel ou le jubé, tribune séparant la nef du chœur liturgique


En 1865, la corporation de l’église Holy Trinity de Frelighsburg organise une souscription en vue de l’achat d’un orgue.
Aux $703.00 qui sont recueillis par les membres de la communauté, s’ajoutent les $300.00 du comité des Dames de la congrégation anglicane.

C’est le facteur d’orgues Samuel Russel Warren qui s’engage à construire l’orgue d’une valeur de $958.00. Le dernier paiement est effectué le 6 décembre 1867, comme en témoigne un document conservé aux archives du Diocèse Anglican de Montréal. Ce document est d’autant plus important qu’il décrit, de la main du maître, l’orgue dans ses composantes.
Samuel Russel Warren naît le 29 mars 1809 à Tiverton, Rhodes Island, et décède à Montréal le 30 juillet 1882. Il s’installe à Montréal en 1836 et, jusqu’à sa mort, il aura construit plus de 350 orgues à tuyaux en usage partout au Canada et aux États-Unis.

Le 10 octobre 1867, on procède à l’inauguration de l’orgue par un concert sous la direction de l’organiste de St George, Monsieur G.E. Le Jeune. Au programme du Handel, Rossini, Haydn, entre autres…
Au moment de la démolition de l’ancienne église, l’orgue est démonté et est envoyé à Montréal. Il sera remonté par les soins de la S. R. Warren and Son en 1883.
Au début du XXe siècle, le célèbre organiste Lynnwood Farnam, né à Sutton, considère l’orgue de l’église Bishop comme étant « le plus important de la région de Dunham ».
C’est en 1928 qu’on installe un ventilateur électrique qui vient remplacer la soufflerie manuelle.

Le buffet de l’orgue, dessiné par Samuel Russel Warren, s’harmonise judicieusement à l’ensemble de la décoration de l’église de type néogothique, bien qu’il précède d’une quinzaine d’années la construction de l’église actuelle.
L’utilisation de pinacles et de baies de forme ogivale en devanture exprime bien ce style néogothique. Les tuyaux de façade en bois sont des éléments décoratifs et n’émettent aucun son. Les facteurs d’orgues leurs donnaient un surnom : on les appelait des chanoines, par dérision sans doute.
Les tuyaux sont peints de couleurs rouge, vert et or, couleurs que l’on retrouve également dans le chœur. Les motifs peints sur les tuyaux et certains autres éléments du buffet témoignent de l’iconographie propre au renouveau gothique.
L’orgue est un positif de huit jeux, caractérisé par un petit clavier, quelques manettes ou tirants de registre et par un pédalier.
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