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Brève histoire du moulin de Frelighsburg

1790 - 1839

Le premier moulin à grains de Frelighsburg fut construit vers 1790, à une croisée de chemins sur la rive nord de la Rivière aux Brochets.  Ce moulin en bois était exploité par un certain Théodus Owens, qui avait non-officiellement élu domicile à cet endroit. Malheureusement pour lui, son moulin était érigé sur une partie des lots 29 Est et 30 Sud, qui en 1793, fut officiellement vendue à Minard Harris Yeoumann par le détenteur des titres, Thomas Dunn, dernier acquéreur de la seigneurie de Saint-Armand.

Monsieur Yeoumans, et son épouse Eliza Ross Conroy, copropriétaire, vendront ces lots et les moulins qui s’y trouvaient à Abraham Freligh, propriétaire de moulins bien nanti de Clinton, New York. Le contrat de vente est signé en septembre 1800.  L’année suivante, Abraham Freligh vient s’établir dans le petit hameau, qui quelques années plus tard, portera son nom. Il était accompagné de sa femme, Charity Van Vleit, leurs onze enfants, ainsi qu’une nouvelle acquisition, Jacobus, un jeune esclave de douze ans.

Malheureusement, Abraham décède le 10 juillet 1801, moins de six mois après son arrivée. La succession d’Abraham devient alors propriétaire du domaine Freligh et de son moulin à grains. En 1837, Richard Freligh rachète les parts de ses frères et sœurs et devient seul propriétaire du vieux moulin en bois qu’il fera remplacer par un moulin en pierre. La construction du fut terminée en 1839.

1850 - 1920

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Après le décès de Richard en 1850, le moulin changea plusieurs fois de propriétaire. Vers le début du XXe siècle, Joseph A. Dunn, le propriétaire d’alors, y installa une génératrice qui fournissait suffisamment de courant en continu pour éclairer les rues et les maisons du village. Il donna le nom de Frelighsburg Electric Light Plant à son entreprise.

Le village éclairé ressemblant maintenant à une petite ville, le moulin adopta le surnom City Mill.

En 1911, le nouveau propriétaire, Fred Ayer, changea la raison sociale pour Frelighsburg Feed and Light.

1920 - 1967

Joseph Gagnon, un jeune cultivateur du comté de Témiscouata, achète le moulin en 1920 et assume le rôle de meunier du village.  Il habite, avec sa famille, la maison voisine du moulin au 7, Route 237 Nord.  Mme Gagnon, née Eugénie Lebel, deviendra la couturière du village.  En 1930, M. Gagnon construit un élévateur à grains sur le versant ouest de la toiture.

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On devait monter et entreposer les grains dans les combles avant de les verser dans un malaxeur qui les acheminait aux étages plus bas, où ils étaient moulus. Dans l’entre-deux-guerres, il transforme l’annexe en bois, du côté est du moulin, en boulangerie et embauche un boulanger, Tibi Lague, qui avec une voiture et un cheval, va livrer son pain de porte en porte.  Quand la boulangerie ferme, une dizaine d’années plus tard, l’annexe fut réaménagée en atelier de mécanique et de menuiserie. 

La crue printanière de 1964 endommage le barrage qui donnait au moulin son pouvoir hydraulique et le moulin s’arrête.  M. Gagnon, âgé de 70 ans, décide de le vendre plutôt que de tenter de le ressusciter.  De 1964 à 1967, le moulin devient un entrepôt et point de vente pour les moulées de l’entreprise J.O. Lévesque de Bedford.  M. Gagnon s’occupe de ce commerce tout en travaillant dans son atelier.  Il était un  «patenteux», un génie en mécanique et, avec très peu, il pouvait réparer tout ce qui peut l’être, ou inventer une nouvelle pièce qui n’existait pas.

1967 - Aujourd'hui

Jeanne Demers, née Cloutier, achète le moulin en 1967, et plus tard, ses dépendances.  Au fil des ans, avec son mari Jean-Marie Demers et leurs fils Michel, Clément et Bernard, ils restaurent le moulin désaffecté, tout en respectant minutieusement ses origines et son histoire.  Le moulin change alors de vocation et la boulangerie est réaménagée en résidence secondaire.  En 1973, le moulin est classé monument historique par le Ministère des Affaires culturelles du Québec. Cette belle construction patrimoniale est aujourd’hui une résidence privée des familles Michel et Clément Demers, que l’on peut ouvrir au public à l’occasion.

« Le site d’un village ne se choisit pas par hasard. Il dépend de caractéristiques assurant le regroupement initial d’un certain nombre de personnes qui trouvent profit à s’établir en un lieu donné. L’emplacement de Frelighsburg a été déterminé par le fait qu’à cet endroit la rivière subit une importante dénivellation…Endroit idéal, s’il en est, pour construire un moulin… » Jeanne et Jean-Marie Demers

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